Le rock est un enfant du blues, le rythme ternaire de celui-ci étant remplacé par un rythme binaire et le tempo est devenu plus soutenu. Il convient ici de distinguer rhythm and blues et rock, même si la tâche apparaît délicate de la fin des années 1940 à 1954. Citons ici Fats Domino qui fait du rock dès 1948 sans le savoir.
En 1951, le disc jockey Alan Freed anime une émission appelée, Moondog's Rock And Roll Party. C'est la première diffusion du rock'n'roll à une large audience. C'est ce DJ radio qui trouve son nom au Rock'n'Roll en reprenant une expression que l'on retrouve depuis les années 1940 dans certaines chansons de rythm and blues et qui signifie en argot faire l'amour. Alan Freed est le premier DJ blanc a soutenir avec force des artistes noirs jouant la « musique du diable ». La bonne société américaine en fera son ennemi numéro 1 et aura d'ailleurs sa peau en 1959.
Elvis Presley et Bill Haley sont deux précurseurs chez les chanteurs blancs. Le King Elvis collectionnera très rapidement les succès, mais c'est Bill Halley et ses Comets qui lancent vraiment l'affaire avec le titre Rock around the clock. Ce premier tube de l'histoire du rock qui figure au générique du film Graine de violence est un remix d'un titre déjà enregistré trois ans plus tôt sur un tempo nettement plus country. Bill Halley était en effet un chanteur de country patenté. Buddy Holly, Jerry Lee Lewis, Eddie Cochran et autres Gene Vincent s'engouffrent dans la brèche. Les musiciens noirs restent très actifs avec Chuck Berry tout particulièrement.
Le rock'n'roll provoque un mouvement de rejet de la bonne société américaine qui croit avoir triomphé de la bête en 1959. On annonce alors la mort du rock et il est vrai qu'aux USA, les chanteurs sont désormais très propres sur eux.
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La renaissance (anglaise) du rock
La réplique ne vient pas d'Amérique mais d'Angleterre. Les Beatles, les Rolling Stones et autres The Who imposent définitivement au niveau mondial un genre musical qui devient emblématique de la seconde moitié du XXe siècle. Le rock se ramifie alors presque à l'infini en explorant des niches apparemment improbables. Le jazz-rock, pour ne citer que lui, naît de cette recherche entamée dès les années 1960.
Si les années 50 proposaient une scène commune pour artistes noirs et blancs, les années 60 mettent fin à cette mixité. La scène rock britannique est logiquement blanche, tandis que les noirs américains adaptent à leur sauce la redécouverte anglaise de l'importance de la mélodie. S'appuyant sur les anciennes structures ségrégationnistes, ils mettent au monde une branche importante de l'arbre généalogique du rock englobant ce qu'il convient de qualifier de « dance music », du funk au rap en passant par la pop de la Tamla des années 60. Conséquence de ce cloisonnement, les rockers noirs sont rares dans l'autre grande famille du rock post-Beatles. Citons toutefois Jimi Hendrix, guitariste de génie, qui électrifie son blues et ouvre au rock (blanc) d'autres univers.
Le rock de la fin des années 1960 se politise et le flower power est l'expression pacifique du rock planant qui caractérise le passage entre l'album Sergent Pepper des Beatles (1967) et les premiers riffs punk de 1975.
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La révolution punk et ses conséquences
Les racines musicales du mouvement punk remontent aux années 1960 avec le genre Rock garage (Stooges, MC5) suivit par la scène new yorkaise du milieu des années 1970 comprenant notamment The New York Dolls et The Ramones. C'est touetfois en Angleterre et en France que le mouvement punk prend vraiment son envol à partir de 1976 avec les Sex Pistols et autres The Clash en tête d'affiche. Le mouvement punk se pose clairement en réaction face au rock des années 1970 qui n'autorise les enregistrements que pour des virtuoses. Le premier message des punk est là : la musique appartient à tout le monde, même si la technique n'est pas absolument maîtrisée. Les punks ouvrent ainsi les portes des studios d'enregistrement à d'innombrables groupes, de The Police à U2. Le second message des punk est plus politique. Les Britanniques enterrent leur statut de grande puissance (No future for the UK).
Les États-Unis avaient résisté plus de dix-huit mois à la beatlemania, ils tiendront bon pendant plus de vingt ans face à la vague punk. Si l'ouverture des studios à bien lieu aux USA, elle est moins flagrante qu'en Europe. Musicalement, les tenants d'un rock dit « Modern » se revendiquent ouvertement comme des enfants du punk. Il faut attendre 1988 et le mouvement grunge de la côte ouest américaine (Nirvana) pour percevoir un écho punk dans la musique américaine cicatrisant efficacement les plaies d'un rock divisé depuis plus de dix ans en deux camps : « Classic » et « Modern ». Ce débat est essentiellement américain, car en Europe les modernistes ont gagné la partie dès le début des années 1980.
La composante hard rock profite, elle aussi, très largement de l'ouverture des studios. Conséquence logique de cette multplication des enregistrements : l'apparition de nombreux sous-genre. Jadis, Hard rock et Heavy metal était deux synonymes, mais depuis le début des années 1980 un scission se produit. Le vocable Heavy Metal est en effet redéfini par le journaliste Lester Bangs du magazine Creem. On voit ensuite apparaitre le Thrash metal, le Gothic metal, le Death metal, entre autres, avant l'émergence logique d'un... neo metal.
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